Les nouvelles menaces des maladies infectieuses émergentes

Un blog de la délégation à la prospective du Sénat

Les nouvelles menaces des maladies infectieuses émergentes

Le virus de Schmallenberg : le loup dans la bergerie ?

25 juin, 2012 · 1 commentaire · Actualité

schmallenberg 150x150 Le virus de Schmallenberg : le loup dans la bergerie ?

Le virus de Schmallenberg gagne du terrain en France. Cette maladie émergente n’affecte que les ruminants et a été identifiée pour la première fois en Allemagne en novembre 2011 dans la ville de Schmallenberg. Il s’agit d’un virus original comme nous l’a appris le professeur Thierry Pineau lors de son audition du 14 février dernier.

Ce virus est d’origine zoologique, passe inaperçu et se manifeste par des malformations lors de la mise à bas des animaux. Le vecteur de ce virus est un moucheron de la famille des culicoïdes dont la période d’activité principale se situe en été. La vitesse de dispersion du virus de Schmallenberg est très rapide et il se propage plus rapidement que la fièvre catarrhale ovine (également connue sous le nom de maladie de la langue bleue). Différence de taille toutefois, contrairement à la fièvre, le virus de Schmallenberg n’est pas une maladie contagieuse.

Le ministère de l’Agriculture faisait état de 2241 élevages touchés (1128 ovins, 1096 bovins et 17 caprins) se situant dans 58 départements différents le 15 juin dernier, soit seulement six mois après l’apparition de la maladie. Il ressort de ces données que la France est le pays européen où la progression du virus est la plus importante du fait de la grande répartition des élevages sur le territoire.

Au-delà d’une menace incertaine de santé publique pour l’homme, cette épidémie permet de prendre la mesure du poids économique des maladies infectieuses émergentes. La transmission de la maladie à de nouveaux élevages, notamment situés dans le sud de l’Europe à la faveur de la saison des chaleurs, constitue un risque économique pour les éleveurs. L’Autorité européenne  de sécurités des aliments (EFSA) se veut rassurante en déclarant que l’impact du virus sur les élevages « ne dépasse pas 4% pour les ovins et 2% pour les bovins au niveau des Etats-membres ».

 Le virus de Schmallenberg : le loup dans la bergerie ? Nombre de cas pouvant être assimilés au virus de Schmallenberg (SBV) notifiés à l’OIE (Organisation Mondiale pour la santé animale) (Source : Flutrackers, 8 juin 2012)

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Un commentaire à ce jour ↓

  • pierre

    Je relève deux inexactitudes dans ce texte.
    - Ni la maladie de Schmallenberg, ni la maladie de la langue bleue, sont “contagieuses” au vrai sens du terme, car elles ne se transmettent pas directement d’individu à individu. La FCO a été classée “maladie réputée contagieuse” à cause de son impact sanitaire et économique manifeste.
    - L’EFSA sous-estime l’importance du SBV car elle se base sur des chiffres du mois de mai, et de plus les pourcentages qu’elle avance sont des moyennes pour les pays les plus touchés, alors qu’il y a de grandes disparités entre les zones les premières atteintes et les autres.